Éjaculation précoce, sécheresse vaginale, perte de désir ou douleurs pendant les rapports… Quand la sexualité déraille, vers qui se tourner ? Entre urologue, gynécologue, psychologue ou sexologue, la bonne orientation peut tout changer.
La sexualité, vaste terrain intime et souvent tabou, reste encore trop peu abordée en consultation. Pourtant, nombre de personnes vivent des troubles sexuels affectant leur bien-être sans oser consulter. Et même lorsqu’on décide de franchir le pas, une autre question se pose : à qui parler ?
Comprendre l’origine du trouble avant de choisir son praticien
Première chose à savoir : tout trouble sexuel n’est pas forcément d’origine physique. Ni exclusivement psychologique. Une éjaculation précoce peut, par exemple, traduire une anxiété de performance. Une sécheresse vaginale, un effet secondaire de la ménopause ou un blocage relationnel. Et une baisse de libido, le reflet d’un surmenage, d’un désaccord dans le couple… ou des trois à la fois.
D’où l’importance de bien cibler son interlocuteur. Pour une difficulté « mécanique » douleurs, dysfonctions érectiles, vaginisme, on s’oriente généralement vers un médecin : un gynécologue, un urologue, voire un andrologue. Mais si le problème s’ancre dans la sphère émotionnelle ou relationnelle troubles du désir, conflits conjugaux, un psychologue, sexologue ou conseiller conjugal est souvent plus indiqué.
Ce flou entre corps et esprit est justement ce qui a motivé la création d’une formation universitaire spécifique à la sexologie. Depuis les années 1990, le DIU de sexologie permet à différents professionnels de santé de se spécialiser sur les questions sexuelles, en intégrant les dimensions physiques, psychologiques, sociales et culturelles.
Le terme « sexologue » : attention à la confusion
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le titre de sexologue n’est pas réglementé en France. En clair, n’importe qui peut s’auto-proclamer sexologue, avec ou sans formation sérieuse. Pour éviter les mauvaises surprises, il est donc essentiel de vérifier le parcours du professionnel que l’on consulte.
Ceux qui ont suivi le DIU sont souvent des gynécologues, urologues, sages-femmes, infirmiers, kinés, psychologues, ou encore conseillers conjugaux. Leur formation commune sur trois ans leur donne une grille de lecture large, et surtout, la capacité de vous orienter vers le bon interlocuteur si besoin.
Comme le rappelle la Dre Michèle Bonal, gynécologue et sexothérapeute, « peu importe le point d’entrée : si vous êtes face à un professionnel compétent, il saura vous rediriger. »
Consulter seul ou en couple : une réponse au cas par cas

Certaines questions se posent souvent en amont d’une consultation : faut-il venir seul.e ? En couple ? Faut-il attendre que l’autre soit prêt.e ? Tout dépend de la nature du trouble. Une thérapie de couple implique logiquement la présence des deux partenaires. Mais dans bien des cas, une démarche individuelle peut suffire à amorcer le changement.
Parfois, l’un des deux partenaires a besoin de faire un travail personnel avant d’entamer une démarche à deux. Et il n’est pas rare qu’un praticien propose une consultation mixte : individuelle puis à deux, selon les besoins.
Comment trouver un professionnel de confiance ?
Aujourd’hui, plusieurs outils existent pour s’assurer du sérieux d’un praticien :
- L’annuaire de l’AIUS (Association interprofessionnelle post-universitaire de sexologie), qui recense les professionnels formés au DIU.
- Les plateformes spécialisées, comme Charles.co, qui proposent des consultations à distance pour les troubles masculins.
- La recherche personnelle, en vérifiant le parcours de formation, les publications, ou en appelant directement pour poser vos questions.
- Le bouche à oreille, qui reste une valeur sûre.
- Le ressenti, souvent décisif : le bon professionnel est aussi celui avec qui vous vous sentez à l’aise.
Les médecines alternatives : un complément utile mais à encadrer
D’autres approches peuvent aussi jouer un rôle bénéfique : hypnose, sophrologie, réflexologie… Ces pratiques ne remplacent pas un diagnostic médical, mais peuvent constituer un accompagnement pertinent, à condition de bien choisir son thérapeute. Encore une fois, vigilance sur les qualifications affichées.
Quand consulter ?
Il n’y a pas de « bon » moment, sinon celui où vous ressentez un mal-être. Il n’est pas nécessaire d’atteindre un point de rupture pour prendre rendez-vous. Et il est tout à fait légitime de consulter simplement parce que quelque chose vous questionne, vous dérange ou vous empêche de vivre une sexualité épanouie.
Attention cependant à ne pas confondre pression sociale et véritable difficulté. Comme le souligne la Dre Bonal, « il existe souvent un écart entre les représentations sociales de la sexualité et la réalité. Ce n’est pas parce que vous ne correspondez pas à une norme que vous avez un problème. »
Un même trouble, plusieurs solutions possibles
En matière de sexualité, chaque histoire est unique. C’est pourquoi il n’existe pas un seul bon soignant, mais plusieurs chemins possibles. Le plus important reste de se tourner vers quelqu’un de compétent, capable d’écouter sans juger et de proposer une prise en charge adaptée ou de vous orienter vers un confrère si besoin.
Et si l’idée même de consulter reste difficile à envisager, gardez à l’esprit qu’un professionnel de santé n’est pas là pour vous juger ni vous « réparer ». Il est là pour vous aider à mieux vivre votre sexualité, dans le respect de vos envies, de vos limites, et, le cas échéant, de celles de votre partenaire.
Parfois, un simple rendez-vous suffit à débloquer ce qui semblait insurmontable.