H.C.I - sa vocation

Homme Culture & Identité mène un travail de fond et d’analyse sur l'identité masculine dans la société contemporaine. Les garçons, les pères et les hommes sont au coeur du travail de H.C.I.

Par ailleurs H.C.I s’oppose fermement à toutes les structures militantes pro-gender qui cherchent à opposer les hommes aux femmes. H.C.I est convaincu que l’homme et la femme ont un destin commun et qu’il est temps de mener des réflexions propices à la réalisation d’un futur de paix et d’harmonie entre les sexes. Cela passe notamment par une meilleure connaissance des identités masculine et féminine.

Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 16:44

 

Le sexisme est abordé à deux reprises dans ce nouveau numéro de Marie Claire, du sexisme anti-femme de bien entendu; pour le sexisme anti-homme, on attendra encore un peu. Mais toutefois le sexisme anti-femme apparaît-là sous un jour inattendu, sous le jour du sexisme que subissent des femmes de la part d’autres femmes. C’est un pas de géant qui est franchi là car à force, on avait parfois l’impression que le discours féministe victimaire dominait jusque dans les colonnes de la presse magazine pour femmes. Ce discours victimaire schématiquement divise l’humanité en deux : les femmes victimes d’un côté, les hommes dominateurs, voir violents de l’autre. Dans le schéma de pensée des victimaires, le sexisme ne peut que venir des hommes, ou de la société dominée par les hommes, ce qui revient au même; de ce fait, le sexisme anti-femme ne peut s’entendre pour elles que comme une soumission des femmes à un ordre masculin. Merci donc à Marie Claire de rompre ce stéréotype féministe, d’essence sexiste à l’endroit des hommes, en nous rappelant que des femmes peuvent être victimes d’attitudes sexistes de la part d’autres femmes :

 

-       dans le courrier des lectrices tout d’abord, en page 12, une lectrice réagit à un article du mois précédent qui a pour titre : « La médecine est-elle sexiste ? ». En fait, elle s’insurge contre le parti pris de l’article qui taille un costard pour l’hiver aux gynécologues et obstétriciens masculins, et laisse entendre que les femmes qui font ces métiers sont douées d’empathie et de psychologie. La lectrice invite Marie Claire à plus de nuance dans ses jugements car précisément c’est auprès d’un médecin homme qu’elle a trouvé écoute et empathie, alors que deux autres consoeurs n’ont pas eu les mêmes qualités, pour ne pas dire qu’elles ont eu des comportements très limites envers cette femme. La lectrice avisée invite à cesser de faire aux hommes, médecins ou pas, un procès injustifié. Est-il besoin d’en rajouter ? Marie Claire prend le temps de répondre à cette lectrice en quelque lignes pour justifier le titre de son article et aussi contourner le reproche de la lectrice, avec une chute assez sèche : « Et comme nous l’avons écrit dans cette enquête, la féminisation du corps médical ne change pas grand chose au sexisme ambiant ». Marie Claire dénonce donc le sexisme ambiant tourné vers des femmes, et pour les lecteurs attentifs que nous sommes chez H.C.I, nous pouvons comprendre que Marie Claire reconnaît que des femmes sont victimes de sexisme de la part de femmes. CQFD. Encore une fois c’est une avancée très louable, même si Marie Claire consent à l’exprimer de façon quasi subliminale, en tout cas pas de façon directe et claire . Rassurons-nous car Marie Claire va avoir l’occasion de se rattraper en page 98 de ce même numéro...

 

-       « Les supérieurs hiérarchiques femmes peuvent être tout aussi sexistes que les hommes ». Eh bien en voilà une nouvelle intéressante s’il en fût, car à force d’entendre crier les chiennes et autres bestiaux, on finissait vraiment par croire que toutes les femmes étaient les pauvres victimes de ces décidément très, mais très, très, très, méchants hommes. Ce numéro de juin 2012 de Marie Claire marque-t-il l’entrée vers une nouvelle ère, celle de la fin du victimaire et des slogans radicalement anti-hommes, une ère de lucidité et de justesse dans laquelle le mot "sexisme" révolutionne son sens et sa portée pour intégrer notamment qu’une personne peut être victime de sexisme de la part d’une personne de même sexe. C’est un peu une révolution de Printemps qui s’annonce là dans le monde du magazine féminin, à condition que la tendance se confirme (l’Hiver peut vite revenir, nous le savons bien...). Marie Claire n’étant pas la seule revue pour femmes, et on aura tout le loisir de vous dire prochainement comment Be, Elle, Cosmo et d’autres parlent des hommes… D’ores et déjà, après une année de lecture régulière de cette presse, nous pouvons vous dire qu’il y a du travail pour que les journalistes de la presse féminine cessent de parler des hommes autrement que sur le ton du reproche ou de la mise en cause. En attendant, il faut reconnaître que Marie Claire, en tout cas dans sa livrée de juin 2012, présente un jour plutôt agréable et intelligent à l’égard des hommes.

 

 

Autre sujet à propos d’hommes dans le Marie Claire de juin 2012  : une intéressante interview de Vincent Elbaz

 

-   Tant pour certaines réponses de Vincent Elbaz, que pour les questions posées par Marianne Mairesse, cette interview est fort intéressante. Vincent Elbaz y révèle une personnalité à la fois touchante et profonde, loin des paillettes et de son image dont il dit que ce n'est pas lui, et nous propose quelques réflexions sur sa façon d’être avec la femme tout à fait inattendue, façon qui doit également nous questionner sur l’identité masculine au-delà de tous les stéréotypes que l’on peut diffuser, sans retenue aucune, sur les hommes. Exemples - question de Marianne Mairesse : « vous aimez quel style de femme ? » Réponse : « une fille qui peut m’apprendre quelque chose. » Question : « Vous ne regardez pas le physique ?". "Si, mais j’ai envie de partager des choses avec une femme, sinon c’est limité. Je suis sensible à la singularité. Moins à la beauté qui entre dans un moule. » Question: « il y a dix ans, vous avez dit ne pas aimer « la coiffure, le maquillage et les ongles de toutes les couleurs ». Le diriez-vous à nouveau aujourd’hui ? » Réponse de Vincent Elbaz : « Oui. Le maquillage, même quand il est bien fait, peut devenir un masque, c’est un peu effrayant. Une femme trop tournée vers l’extérieur, quelle angoisse ! » – Ces échanges nous interrogent car ils ne sont pas le reflet de ce que l’on attend classiquement, aujourd’hui, dans la bouche d’un homme. A force peut être de trop de stéréotypes sexistes à l'égard des hommes ? Ces réponses de Vincent Elbaz nous invitent aussi, en arrière-fond, à une réflexion sur le sens de la consommation, le pouvoir du marketing, l’intérêt pour les magazines féminins à faire la promotion de code de séduction en faits contrôlés par des multinationales soucieuses de leurs rendements, et autres comptes financiers. Les enjeux de séduction et du paraître ne sont-ils pas aujourd’hui trop régis par l’argent tout simplement ? Sans vouloir abolir la nécessité pour la société de faire vivre les échanges économiques, ne pourrait-on pas se questionner sur certains excès ? Toujours est-il que l’interview suscitée mérite vraiment d’être lue dans son intégralité car Vincent Elbaz y révèle une personnalité réellement inattendue. Il semble d’ailleurs fort bien faire la différence entre son image qu’il renvoie au public, et son identité personnelle, singulière, intime forcément : « Et puis ce mec que les filles reconnaissent, je ne le connais pas. Donc ça ne me concerne pas. » Des propos qui traduisent sans doute une façon assez puissante de se mettre à l’écart de son image publique. Une façon de se protéger ?

 

 

Enfin une question devenue essentielle à une époque où la théorie du genre veut à certains égards réduire hommes et femmes à être totalement identiques :

 

-        Reflets dans un œil d’homme (Ed. Actes Sud) – le nouveau livre de Nancy Hutson, féministe d’origine canadienne, de nationalité française également, et vivant en France. Reprenons ici l’intégralité de la présentation que fait Marie Claire (page 86) : « Aussi dérangeant que passionnant, cet ouvrage met à mal la théorie des genres et la volonté de nier la différence de nature entre hommes et femmes. Les Occidentales sont-elles libres ? Ou dépendantes du regard masculin, démultiplié par des images omniprésentes ? S’appuyant sur sa propre histoire, sur celles de Marilyn Monroe, de Jean Seberg, d’Anaïs Nin, de Lee Miller ou Nelly Arcan, mais aussi sur des témoignages d’artistes masculins, Nancy s’interroge  sur la séduction, le désir, la parentalité – autant d’expériences qu’hommes et femmes vivent et assument différemment, parce que, nous dit-elle, ils ne sont pas identiques. Eternel débat ou nouvelle approche, à chacun et chacune de juger… »

 

 

A bientôt pour de nouveaux articles au sujet de l’homme dans la presse féminine…


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