Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 11:20

Note de H.C.I : il convient de rappeler que si l'entrée du gender dans les manuels scolaires a effectivement fait réagir les catholiques français, elle a également fait réagir les professeurs de SVT de l'école de la République. Ces derniers ne sont pas d'accord pour que le gender, qui un courant de pensée sociologique et philosophique, soit enseigné dans les cours de Science et Vie de la Terre. Ces professeurs de SVT ont lancé une pétition "contre l'entrée du gender à l'école de la République", et ils ont reçu plus de 40 000 signatures. Pour information, une pétition issue du milieu catholique, a pour sa part reçu 28 000 signatures. Le site, et la pétition, des professeurs de SVT peut être vu ici  : link

Les gender studies nous invitent à mener des travaux sur les questions relatives aux identités masculine et féminine, et c'est proprement ce qu'essaye de faire H.C.I en vous proposant régulièrement des articles qui questionne l'identité masculine dans la société contemporaine.

 

"Laurence anyways" : leçon de genre au cinéma

Le nouveau film Laurence anyways du Québécois Xavier Dolan offre un point de vue peu fréquent en Europe sur le masculin et le féminin : la théorie du genre.

L'acteur français Melvil Poupaud, dans le rôle de Laurence

L'acteur français Melvil Poupaud, dans le rôle de Laurence

 

Difficile d’expliquer ce que sont les gender studies en France. Le troisième film de Xavier Dolan, Laurence anyways, présenté le 18 mai à Cannes dans le cadre de la sélection  "Un certain regard", lèvera peut-être quelques ambiguïtés. Ce courant philosophique américain, né dans les années 70 aux Etats-Unis, s’attache à l’étude du masculin et du féminin.

La principale thèse défendue est l’idée qu’il s’agit de constructions sociales indépendantes du fait biologique. Concrètement : on peut être un homme et se comporter comme une femme, et inversement. Il n’y aurait pas de raison physiologique d’être machiste ou soumis(e), rude ou coquet(te), etc…

 

Laurence anyways en donne l’exemple à travers le portrait d’un professeur de philosophie, en couple à Montréal, qui prend conscience à 30 ans de son désir d’être femme. Le paradoxe, c’est qu’il n’est pas homosexuel pour autant. Si ses organes génitaux le dégoûtent, il aime pourtant sa femme. Celle-ci pourra-t-elle accepter, bon gré mal gré, son changement d’attitude ?

 

C’est finalement ce problème de couple — certes pas banal — qui structure le récit. Ce film a l’avantage de rompre avec l’idée que la critique du "genre" s’attache pour l’essentiel à la reconnaissance de l’homosexualité. À l’origine, les gender studies sont issues des courants féministes qui dénonçaient des discriminations rampantes à l’encontre des femmes. Celles-ci seraient à l’œuvre dans les institutions, l’éducation ou même le langage — par exemple : "le masculin l’emporte", en grammaire.

 

Les Américains et les Anglais y sont familiarisés, les Français moins. Bien que les gender studies s’inspirent largement de la philosophie française — notamment du célèbre "on ne naît pas femme, on le devient", de Simone de Beauvoir —, elles n’arrivent que péniblement à passer le seuil de l’université. Beaucoup de chercheurs se méfient d’un féminisme américain soupçonné de communautarisme, d’autres polémiquent sur sa transplantation en France.

 

Les "études sur le genre" gagnent cependant une légitimité croissante, jusqu’à s’introduire dans les manuels scolaires. En 2011 en effet, une violente polémique éclate entre des associations catholiques et le ministère de l’éducation : les nouveaux livres de biologie admettent explicitement, pour la première fois, une distinction entre identité sexuelle et genre.

De fil en aiguille, le débat français sur les gender studies se focalise sur une question d’actualité : le mariage homosexuel. Pour cause, le combat pour l’égalité entre les sexes est devenu si consensuel que les associations et politiques ne le remettent pratiquement plus en question. Les éventuelles disputes sur les rôles dévolus aux hommes et aux femmes sont reléguées dans la sphère privée.

 

Reste un débat de société : la reconnaissance des orientations sexuelles. Laurence anyways a l’avantage de rappeler que les questions soulevées par les gender studies ne se réduisent pas à cela, qu’il s’agit d’une conséquence parmi d’autres, comme la possibilité d’une vie de couple pour une femme et un homme qui s’aiment à rebours de certaines normes — sociales ou biologiques, c’est selon.

 

Source : http://www.lemondedesreligions.fr/culture/laurence-anyways-lecon-de-genre-au-cinema-24-05-2012-2523_112.php

 

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