Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 00:42

Note de H.C.I : cette contribution sur l'idéolgie du genre intéressera tous ceux qui ont suivi depuis l'été dernier les débats autour du "gender". L'auteur invite les pro-gender à prendre en compte le réel et à ne pas le nier, ce qui apparait comme une posture de bon sens à bien des égards. Et il en va de même, selon l'auteur, pour ceux qui disent que l'on peut avoir DES PARENTS DE MEME SEXE ! A bon entendeur...

Un rappel du contenu de l'idéologie du genre se trouve après l'article qui suit pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas encore les tenants et aboutissants du "gender".

 

IL N'Y A PAS DE PARENTS DE MEME SEXE

par Aurélien Péréol

Le discours unique publié ces temps-ci à propos des relations entre les femmes et les hommes est un discours qui efface la dimension du réel des différences entre les hommes et les femmes. Les structuralistes ont établi les dimensions de réel, symbolique et imaginaire pour décrire le monde et évoluer dedans au mieux.

 

Le réel est ce qui nous échappe, que nous n'avons pas créé, ni ne pouvons empêcher. Le symbolique est ce qui unit les humains : le langage, les langages, la civilisation, les civilisations... l'imaginaire, le territoire interne par lequel s'élaborent les représentations, créatives, fictionnelles ou scientifiques, dont le désir.

 

La distinction entre le réel d'un côté et le symbolique et l'imaginaire de l'autre recouvre la vieille distinction des philosophes grecs entre ce qui ne dépend pas de nous et ce qui dépend de nous. Le réel ne dépend pas de nous.

 

Le discours hégémonique qui s'appelle souvent "théorie du genre" pratique une extinction préalable du réel, le confine à sa portion congrue, ce qu'il n'est pas possible de nier et par là le tue. Ce en quoi il est une idéologie.

 

Jean-Pierre Faye a bien montré les glissements progressifs du sens des mots, des centres d'intérêt, qui aboutissent à la création d'un langage totalitaire. Certaines idéologies ont un moment fondateur, avec un ou des livres, un auteur initial... une référence entrée dans le réel, on ne peut plus y toucher, mais interprétable (à l'infini) dans l'imaginaire et le symbolique... D'autres langages totalitaires s'imposent par une longue succession de petites installations dans l'esprit commun, qui prennent la forme de l'évidence, préparent la place à la suivante et peu à peu, tout le monde et chacun se convainc d'avoir trouvé la source du mal et qu'il est indispensable et urgent de pratiquer telle ou telle réparation (réparation signifie en général séparation).

 

La prétendue théorie du genre fait l'impasse sur le réel. Elle s'énonce dans les mêmes termes et les mêmes exemples, quelle que soit celle ou celui, le plus souvent, celle qui parle ou écrit. Elle n'a pas de degrés. Elle est à prendre en bloc. Elle argumente beaucoup de son succès et fait flèche de sa détermination. Elle est du domaine de la foi : les réponses sont là avant les questions. Elle n'argumente pas avec ses opposants de raisons sociologiques ou philosophiques.

Avec ses opposants, elle se place dans la morale, elle les juge : en gros, incroyablement rétrogrades... et surtout, pourvoyeurs d'injustices. Ils sont ainsi du côté du mal. Leur cas est désespéré, on ne peut rien pour eux. Dans le symbolique, ils sont exclus de la communauté des semblables.

 

La première tâche pour traiter des relations des hommes et des femmes consisterait à distinguer le réel et le symbolique. La deuxième serait de décrire les relations entre le sexe réel et le sexe symbolique. La troisième, d'établir le satisfaisant et l'insatisfaisant. En quatrième, d'imaginer une réduction de l'insatisfaisant. En cinquième, d'imaginer le chemin de cette réduction. En sixième, de s'engager sur ce chemin. En septième, de voir quelques années plus tard, où l'on en est. En huitième, de tout redébattre et apporter les corrections nécessaires... etc. On n'est pas obligé d'être d'accord avec cette méthode, mais elle est exposée et on peut en débattre.

 

Le sexe réel, qui ne dépend pas de nous s'appelle "sexe" et le sexe symbolique s'appelle "genre". La théorie du genre imagine que le genre se bâtit sur une volonté toute-puissante des humains. Dans les glissements progressifs de la langue, on se met à parler de "parents du même sexe", alors que toute naissance est le produit d'une interaction de deux individus, l'un masculin et l'autre féminin. Les humains n'ont rien fait pour qu'il en soit ainsi et n'ont pas le pouvoir de le changer. C'est le réel.

 

Certains discours situés dans l'idéologie du genre nient l'intervention de la médecine et des médecins. Évidemment, cette négation porte sur des conséquences de la médiation médicale, la médiation elle-même n'est pas niée. Certaines et certains écrivent que maintenant, on peut naître avec deux pères et deux mères.

Autrement dit, l'idéologie du genre choisit a priori, avant de faire ses "analyses" ce qui dans le réel est digne d'être pris en compte et ce qui n'est pas digne d'être pris en compte. Et pour faire ce choix, il faut disposer d'un ensemble d'idées cohérentes entre elles, cohérentes entre elles, mais pas forcément avec le réel, c'est-à-dire d'une idéologie, d'une foi.

Ce déni de réel est tout simplement tragique. L'excommunication à l'université, dans l'édition, dans les mass-médias des incroyants, des dissidents... des points de vue divergents est pratiquée à l'intérieur même des discours admis et à l'extérieur par l'impossibilité d'en trouver publication.

 

Nous devons penser le réel. Nous ne devons pas affabuler selon nos fantaisies qu'il compte pour du beurre et qu'on en dispose à notre convenance.

 

PS : Aurélien Péréol, auteur de ce texte, est enseignant.

 

 

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Que dit la théorie du genre ?

 

1) La théorie du genre affirme que la nature humaine n’existe pas puisque l’être humain serait uniquement le résultat de la culture. Elle tente de démontrer que la masculinité et la féminité ne sont que des productions sociales selon le contexte culturel de chaque époque.


2) Elle affirme que jusqu’à présent l’homme ayant dominé et maltraité la femme, il revient à la loi civile (...) de favoriser la prise du pouvoir par les femmes pour se libérer du pouvoir masculin, de corriger cette oppression masculine. La loi doit également améliorer les défauts de la nature qui mettent la femme à inégalité avec l’homme, comme notamment la maternité uniquement supportée par la femme ou encore l’injustice faite aux hommes d’être privés de seins pour alimenter les enfants. C’est pourquoi, la maternité et la paternité ne sont plus des réalités en rapport avec l’identité masculine ou féminine, mais des fonctions sociales interchangeables.


3) L’enjeu radical consiste à nier la différence sexuelle qui ne serait pas une réalité structurelle, en favorisant les orientations sexuelles à travers, entre autres, l’homosexualité. Il revient à chacun de choisir son orientation sexuelle qui le définit dans son identité. Or (...) une tendance sexuelle ne fait pas une identité sexuelle. Il n’y a que deux identités sexuelles, celle de l’homme et celle de la femme (...)


La théorie du genre développe ainsi une conception cherchant à s’extraire du corps, désexualisant le couple et la famille et désincarnant la filiation, elle fait fi des symboliques humaines de la masculinité et de la féminité au bénéfice d’une simple vision pragmatique et indifférenciée. Elle utilise un langage pour décrire ce qui n’existe pas dans la réalité.


Source : Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) ; 15ème Assemblée Plénière du 26 juillet au 2 août 2010 à Accra (Ghana) : Conférence du samedi 31 juillet 2010 ; Caritas in Veritate, la famille et la théorie du genre ; Monseigneur Tony ANATRELLA


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